Le fait du mois est l'occasion de donner la parole à un chanteur, à travers une expression libre sur un thème aussi libre, renouvelée de temps en temps. Ce mois-ci, la parole est à Clément Biran, du pupitre 2èmes Ténors.

Comment as-tu connu les Chanteurs Pyrénéens de Tarbes ?

Le 23 janvier 2014, veille de mon 21ème anniversaire, alors que le dernier match de la journée venait de se terminer, je me trouvais à la buvette des Petits As (Tournoi international de tennis des minimes) avec quelques amis. Nous chantions quelques classiques des 3ème mi-temps, comme cela nous arrive souvent, quand une jeune recrue des Chanteurs, Mickaël, est passée par là. De suite, il s’est joint à nous et m’a vite parlé des Chanteurs Pyrénéens, me proposant de venir à une répétition, pour au moins voir comment cela se passait. Je connaissais le groupe depuis bien longtemps, notamment car je connais depuis mon enfance un illustre chanteur : Serge Bruzaud, mais pour moi, les Chanteurs Pyrénéens, c’était le haut niveau du chant local, un groupe difficilement accessible pour un jeune comme moi. En fait, je me trompais !

Quelques semaines plus tard et ayant gardé contact avec Mickaël, j’assistais à ma première répétition au sein du groupe. J’y découvre une ambiance extraordinaire, beaucoup d’humour et la joie pour chacun de se retrouver, de partager ce moment de chant. Je me retrouve avec les seconds ténors et découvre une petite partie du répertoire. Je suis très impressionné par le niveau et la puissance du groupe et puis par le fait de me retrouver au milieu de tous ces chanteurs de qualité. Musicien depuis mon enfance, j’ai commencé le solfège à 6 ans et le trombone à 8 ans, instrument que je continue à pratiquer dans divers ensembles, harmonie, orchestre ou banda, j’ai la chance de pouvoir lire les partitions. Le groupe est comme une harmonie dans lequel je retrouve des marques.

Malheureusement, au vu de mes activités aéronautiques, j’hésite à m’engager dans le groupe de peur de ne pouvoir respecter mes engagements. En effet, je suis élève pilote de ligne et pilote à l’aéroclub de Bigorre à Laloubère. L’aéronautique est une réelle passion pour moi depuis ma plus tendre enfance. C’est une activité très chronophage et qui me demandera de plus en plus souvent de m’expatrier de la région pour poursuivre mes formations de pilote professionnel. Je laisse donc passer le temps sans m’engager aux Chanteurs, mais non sans un pincement au cœur de ne pouvoir m’y investir pleinement. Durant l’année, nombreux sont ceux qui me poussent à venir, me rassurant sur ma crainte de ne pouvoir respecter mon engagement. Après avoir assisté à 2 nouvelles répétitions en fin d’année, je m’engage finalement dans le groupe en janvier 2015 et rentre dans la famille des Chanteurs Pyrénéens.

Au fond, qu'est-ce qui t'a poussé à entrer et à rester dans le groupe, à seulement 21 ans ?

Ce qui m’a poussé à entrer dans ce groupe, c’est tout d’abord pour les personnes qui le composent, qui sont extraordinaires et d’une grande richesse. Personnes de tous horizons et de tous âges. C’est aussi pour l’ambiance qui y règne, les moments de camaraderie et de fraternité, d’humour et de rigolade. Mais c’est aussi et surtout pour le chant, pour la qualité des chanteurs et du chef de chœur qui sait nous emmener chacun au plus haut de nos capacités, tel un capitaine d’équipe. Chanter ces chants pyrénéens mélodieux, qui sont le patrimoine de ma région et renouer avec les valeurs locales, mais aussi chanter un répertoire très diversifié, en italien, en anglais, en occitan. Puis, après quelques répétitions est venu le temps du premier concert, auquel il semblait évident pour tous que je participe. Equipé du fameux habit rouge, je devenais pour de bon Chanteur Pyrénéen. Et puis durant cette première année, les textes et les mélodies se sont petit à petit imprimés dans ma mémoire. Les concerts se sont enchainés ainsi que de merveilleux voyages, mes baptêmes du feu qui resteront à jamais inoubliables. Le premier week-end lors de la sortie "famille", durant lequel j’ai pu réellement faire connaissance avec tous les chanteurs et leurs épouses et où j’ai pu prendre conscience de la popularité du groupe, même à des centaines de kilomètres de Tarbes. Et puis, lors de notre voyage en Allemagne, inoubliable tellement ces quatre jours furent riches et intenses, marqués de rencontres de fête, de concerts de qualité. Indéfinissable. En l’espace d’un an, les Chanteurs Pyrénéens de Tarbes m’ont beaucoup apporté. Notamment sur le plan humain, j’ai pu rencontrer des personnes formidables et créer des amitiés inestimables. J’ai été tout de suite adopté dans le groupe sans aucun a priori. J’ai pu découvrir le chant dans un chœur de qualité. Une longue histoire a débuté, même si ma carrière de pilote m’obligera sans doute à m’absenter pour un temps. Chanteur Pyrénéen un jour, Chanteur Pyrénéen toujours.

Tu chantes, mais tu voles ?

Concernant ma passion pour l'aéronautique, elle fait partie de moi depuis ma plus tendre enfance. Bien que personne dans ma famille ne soit de ce milieu, j'ai toujours levé les yeux vers le ciel pour voir passer les avions. Déjà tout petit, mon père ou mon grand-père m'amenaient sur l'aérodrome de Laloubère ou d'Ossun, voir les avions s'envoler et se poser. J'ai très tôt su quel serait mon futur métier : celui de pilote. C'est à 15 ans, alors en classe de seconde, que je suis entré dans le monde de l'aviation, avec le Brevet d'Initiation Aéronautique. Une fois ce brevet en poche, en fin d'année scolaire, j'ai commencé la formation de pilote privé à l'Aéroclub de Bigorre, j'ai été lâché solo (c'est a dire tout seul à bord sans instructeur) quelques mois plus tard et j'ai poursuivi ma formation tout en préparant le bac. J'ai obtenu la licence de pilote privé en 2011. Je suis ensuite parti vivre 6 mois à New York en 2012 pour perfectionner mon anglais, en vue d'une carrière de pilote professionnel, la langue de Shakespeare étant celle de référence en aéronautique. En 2013, j'ai débuté la Licence de pilote de ligne Théorique en Angleterre et ai passé en un peu plus de 6 mois, les 14 modules la constituant. L'année suivante en 2014, j'ai obtenu la Licence de Pilote Professionnel me rapprochant un peu plus de mon rêve de toujours, celui d'exercer le métier de pilote. Actuellement je me prépare à devenir instructeur et j'ai débuté la formation à Muret au sein de l'ENAC. Dans les mois à venir, je prévois de passer les qualifications qui me permettront de pouvoir exercer le métier de pilote de ligne (qualifications Vol aux instruments, Multi-moteurs, travail en équiage). J'espère ensuite rapidement trouver un emploi de pilote dans une compagnie aérienne et exercer parallèlement le métier d'instructeur.  

Illustration Robert Domec

 

Clément BIRAN

 

 

 

 

 

Réalisation axyneT