Chant orphéonique : histoire et réalité
Posté le 08/03/2016.

Si les termes "orphéon", "chant orphéonique", "mouvement orphéonique", sont un peu sortis du langage usuel, ils se rattachent à une histoire qui fait l'objet de nombreuses études. Citons au hasard, les recherches de Philippe Gumplowicz (Les travaux d'Orphée, 150 ans de vie musicale amateur en France), de Paul Gerbod (L’Institution orphéonique en France du XIXème au XXème siècle), de Soizic Lebrat (Le mouvement orphéonique en question) et nous suivons avec intérêt les travaux en cours de Laurent Chenaux sur le chant montagnard en Bigorre.

Les orphéons sont nés au XIXème siècle dans un contexte de démocratisation des pratiques musicales, d'accès à la culture pour tous, impulsé par l’Orphéon de Wilhem, créé en 1833, à l'origine d'un mouvement de masse qui connut ensuite un essor considérable, avec des rassemblements importants, des concours de chants, avant de s'essoufler un peu en raison des coupures dues aux grandes guerres et de disparaître dans cet esprit, mais les germes étaient là dans les régions, les villes, notamment dans notre pays de Tarbes et de la Bigorre, où il est constant que de telles formations existent toujours à Argelès-Gazost, Bagnères de Bigorre, Lourdes, Luz Saint-Sauveur et Tarbes.

L'esprit de ce mouvement orphéonique est intéressant dans la mesure où son souci était de permettre aux classes sociales populaires d'accéder au chant et à la musique comme les classes plus favorisées, élites résultant de la naissance ou de la fortune. Cette distinction est toujours présente (la condescendance aussi), envers les chanteurs du peuple et leurs orphéons. Pourtant, la nature permet à chacun, grâce à sa voix et à son oreille, de se hisser au niveau des plus grands.

C'est la raison pour laquelle un orphéon comme les Chanteurs Pyrénéens de Tarbes travaille avec acharnement sous une direction musicale compétente, pour accéder à un certain niveau et produire des prestations de chant que la "musique savante" reconnaît de qualité.

Le groupe, seul représentant aujourd'hui de ce type dans la ville de Tarbes, est le descendant des groupes orphéoniques qui se sont succédés depuis l'origine (Les Enfants de Bigorre créés en 1856, Les Troubadours montagnards, La Lyre Tarbéenne, Les Troubadours cheminots tarbais). Il pérennise cet esprit (rassembler des chanteurs de tous horizons et conditions sociales), conserve le chant traditionnel des Pyrénées (qu'il soit ancestral spontané, polyphonique ou écrit : Alfred Roland), reprend certaines créations contemporaines en langue occitane, apprend des extraits d'airs classiques célèbres d'opéras et propose des chants religieux et de Noël. Bref, un répertoire d'orphéon moderne qui ne s'enferme pas dans un genre particulier, mais s'ouvre à divers chemins de chants que les spectateurs des concerts apprécient, qu'il s'agisse de concerts thématiques "fermés" ou bien "ouverts" à toutes les compositions.

Cet esprit orphéonique se montre le plus souvent sous un costume (guides des Pyrénées), mais aussi en tenue de ville de concert, toujours avec une direction musicale apparente... et active ! Alors, orphéon, choeur, ensemble vocal, autre chose ? C'est à chacun d'apprécier, l'essentiel étant de réunir chanteurs et spectateurs autour de bonnes vibrations !

 


 

 

 

 


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